mardi 7 juillet 2015

Pourquoi Warhammer : Age of Sigmar n'est pas le jeu que vous attendiez (et pourquoi il pourrait bien être ce que vous n'attendiez pas)

L'interweb bruisse de hauts cris et de rumeurs, de soupirs et de déclarations fracassantes depuis peu à propos de la sortie de Warhammer : Age of Sigmar, la nouvelle itération d'un jeu héroïque-fantastique made by Games Workshop qui semble prendre le monde ludique autant à contrepied qu'à rebrousse-poil. Conspuée pour sa simplicité, son manque d'équilibre ou son look, la nouvelle proposition ludique de GW fait couler beaucoup d'encre numérique, et c'est bien normal. Leader historique d'un marché de niche qui s'est beaucoup morcelé ces dernières années, la firme anglaise se devait de réagir face à la multiplication des propositions ludiques et à l'affaissement progressif mais continu des ventes de son jeu historique Warhammer Fantasy Battle.

En Lustrie, les Hommes-Lézards ont senti le coup venir, ils se sont barrés en laissant les skavens dans la merde. Pour être sûrs de ne pas être ennuyés, ils ont même changé de nom.

Si face à Rackham et à Confrontation, Games Workshop pouvait continuer de dérouler sa machinerie sans gros soucis, le temps a passé, de nombreux éditeurs produisent aujourd'hui des jeux qui, outre des figurines agréables proposent des challenges ludiques plus riches que ceux de Games Workshop. La 8ème édition de Warhammer Battle, ne proposant pas plus que les autres de plaisir ludique bien réel là où par contre, un univers comme celui du Vieux Monde se montre très propice aux affrontements richement scénarisés (qui font souvent le sel d'une bonne partie bien plus qu'un alignement de combos et de massacres généralisés sans grand investissement narratif). Le déclin progressif des ventes du rayon fantastique a donc poussé la marque anglaise à donner un coup de pied dans sa fourmilière. "Peu le croiront, mais le monde touche à sa fin", clamait un prospectus publicitaire de GW fin 2014 : en août dernier, le premier épisode de la série The End Times ramenait Nagash sur les tables et entamait le chant du cygne d'un Vieux Monde cher à bien des joueurs.
Les elfes ayant des abcès à crever, ils ont cassé leur continent avant que le Vieux Monde ne pète. "Là on sera sûrs du résultat".
Officiellement mort en mars dernier avec la victoire du Chaos et la destruction du monde, c'est donc via Age of Sigmar que GW tente de reprendre pied sur les tables de jeux. Etre le plus gros poisson du bassin attire et attise forcément les conversations, rancoeurs ou manifestations d'amitié, souvent toutes exagérées. Contraint à une réaction face à l'effritement de ses ventes GW devait contre-attaquer. Loin d'abandonner le secteur, de gros changements se sont donc fait jour dans le sillage d'un jeu voulu totalement nouveau. Une dynamique de changement à mettre plutôt au crédit de la marque jaune et rouge, même si c'est une évolution qui s'est faite en partie sous la contrainte.
Et pour le coup, le changement se révèle costaud. Depuis les débuts de Warhammer Battle, et malgré les 8 éditions du jeu, le corpus de base et la ligne de caractéristiques avait peu évolué, notamment au regard des autres propositions ludiques qui ont explosé depuis les années 2000. Dans Age of Sigmar, rien ne reste de cet héritage du passé, le système est totalement mis à plat, à l'instar d'un univers façonné par de nouvelles puissances. Loin de la catastrophe annoncée, de la trahison dénoncée à hauts cris par nombres de joueurs, du four ludique que présagent d'ores et déjà de sinistres augures mal lunés, Age of Sigmar pourrait cependant bien receler plus d'idées qu'on ne pourrait d'abord le croire.
Il fallait lire : "on casse tout mais on garde tout en attendant d'avoir d'autres figurines sous le coude"
Evacuons d'abord la question des figurines : dans le sillage de The End Times et la perspective du lancement d'un nouvel univers il était entendu que GW se devait de proposer une accroche visuelle et une direction artistique nouvelle. Si du côté des sbires du chaos (qui restent les méchants, de ce côté, pas de changement), on reste en terrain connu, on peut toutefois regretter que le seul Khorne ait systématiquement le droit aux honneurs des boîtes de la firme anglaise. En face, Sigmar, pas content que ses amis se soient faits massacrer par les Puissances de la Ruine s'est fabriqué une petite armée, j'ai nommé les Stormcast Eternals (en passant, l'une des erreurs tragiques de GW de ces derniers mois et l'abandon de la traduction locale des noms de ses unités). Evidemment, là, le look est plus discutable, tant le parallèle est aisé avec certains Space Marines (devrai-je dire Adeptus Astartes ?) de Warhammer 40k, toutefois, les figurines restent plaisantes et, si elles souffrent d'une chose, c'est avant tout du choix d'un schéma de couleur d'un or rutilant aussi kitsch que malvenu qui ne sert pas du tout les sculptures. L'un des à-côtés de tout ceci est l'apparition de nouveaux termes propres à chaque race et à chaque faction, termes dont la firme anglaise peut plus facilement s'assurer la propriété intellectuelle (oui, dur de verrouiller elfes, nains, orcs ou ogres, tandis que aelf, duardin, orrog ou orruk, c'est plus simple). Qu'on aime ou pas, cela ne présage toutefois en rien de l'intérêt du jeu.
"Allégorie de la fin du Vieux Monde" par G.W. Needyourmoney, artisteanglais.
Quid du système alors ? Première grande nouvelle, il est entièrement gratuit (et le restera sans doute). Une proposition qui, si elle n'est pas rare (de plus en plus d'éditeurs proposent leurs règles gratuitement), s'avère pour le moins surprenante de la part de Games Workshop, habitué à vendre du bouquin de règles, du livre d'armée ou du codex comme d'autres des petits pains. Là, bien au contraire, le système est totalement gratuit et téléchargeable dans son intégralité. Autre grande surprise : il tient sur 4 pages, et ce sont là les règles complètes du jeu, pas un simple guide de démarrage rapide. Qui plus est, les caractéristiques des figurines se réduisent à 4 valeurs, et les règles de chaque personnage et unité tiennent désormais sur des "warscrolls", disponibles gratuitement sur le site de GW et dans les boîtes des futures sorties. Par ailleurs, fini le système de points : à chaque joueur de venir avec les forces qu'il entend jouer, il n'existe plus de mécanisme d'équilibrage interne au jeu. Serait-on tombé sur la tête chez Games Workshop ? Les ponts avec la clientèle seraient-ils définitivement coupés ? Ce n'est pas si simple que cela...
"- Super les armures dorées Bob, ça claque !
- T'es sûr, je trouve que c'est un peu ringard et clinquant.
- Naaaan. Pas du tout, fonce je te dis, les mômes vont adorer ! Mets en plein, on pourra leur en fourguer un nouveau pot comme ça."
N'oublions pas que comme toute entreprise, la marque de Lenton vise avant tout un certain profit. Profit qui, dans son cas, passe par la vente de figurines. Ventes en chute (pour la fantasy), notamment du fait du taux d'équipement des vieux joueurs las de devoir recommencer une armée de zéro quand leurs étagères en contiennent déjà 2 ou 3, mais aussi du fait du coût devenu prohibitif du ticket d'entrée pour pouvoir jouer raisonnablement à Battle. Dès lors, le choix de démarrer avec des factions, des unités et un univers et un système différents, permet de faire aisément descendre le tarif de démarrage surtout que, loin des pavés de piétons, Age of Sigmar semble plutôt se situer autour d'un format de grosse escarmouche (entre 20 et 50 figurines). Même si le système peut gérer des forces plus grosses, il paraît construit pour favoriser des figurines indépendantes plutôt que des pavés monoblocs (donc plutôt de l'escarmouche, fût-elle grosse). Moins de figurines pour commencer, un système ultra light, une direction artistique nouvelle (que des éditeurs tiers mettront du temps à s'approprier et auront du mal à copier) oeuvrent donc tout autant à susciter un intérêt nouveau de la part des joueurs qu'à leur faciliter l'entrée dans le jeu. Mais quid des vieux joueurs, ceux qui collectionnent religieusement des milliers de points d'armée de leurs factions favorites ? GW les aurait oublié, piétinant allègrement la dévotion que certains lui porte ? Oui, sans doute, mais non, pas vraiment non plus.
"J'suis tout rouge, j'suis méchant, j'suis un Khorneux ! J'vais manger ta mère ! Bwaaaah !"
Rappelons d'abord que de tous les fabricants de figurines et d'éditeurs de jeux de la sorte, la maison jaune et rouge reste celle qui possède la plus grande surface de contact avec sa clientèle au travers de ses nombreux magasins répartis à travers de nombreux pays. Dès lors, GW est sans doute la société la mieux placée pour connaître ses joueurs et ses clients. Pourquoi donc faire le choix de ce système simple (voire simpliste) ? Pourquoi proposer un jeu aussi léger alors que des systèmes plus pointus, proposant des défis ludiques bien plus grands existent ailleurs et font les beaux jours d'éditeurs de jeux de figurines à travers le monde (de Warmachine à sa mécanique très rôdée et à ses profils à l'équilibre scrupuleux jusqu'à Infinity, ses possibilités nombreuses et ses tours dynamiques ou Malifaux et ses mécaniques subtiles et profondes) ? Et si justement, c'était là la vraie raison de ce choix de la part de Games Workshop. Et si, face à des jeux ultra peaufinés, taillés pour la compétition, Games avait consciemment fait le choix de faire le chemin inverse ?
Grim darkness, only war, far future : on a pigé

Arg ! Panne d'inspiration chez GW, Lenton recycle ses propres idées. On se croirait à Hollywood !

Le jeu ne peut-il exister que dans la compétition ? Le plaisir ludique ne se trouve-t-il que dans l'écrasement sans appel des forces ennemies ? Non. Le plaisir du jeu, c'est aussi la simple rencontre entre joueurs autour d'une table, d'une histoire et de bon temps partagé. Pas forcément un concours de bites destiné à prouver que X est meilleur que Y et que son combo est plus ultime que tous les autres, sa stratégie imparable et son talent immense. Ben oui, on a tous connu des adversaires ravis de prouver leur supériorité ou des jeux qui à force de stimuler la recherche du combo parfait oublient le plaisir de dérouler une histoire prenante et partagée et finissent par gâcher le plaisir de certains joueurs. En lâchant gratuitement 4 pages de règles ultra simples, GW ne fait qu'une chose : redonner à ces joueurs le pouvoir d'imaginer les parties dont ils ont envie. Alors oui, les points ont disparu, drame éternel, trahison impardonnable, panique générale : comment équilibrer les affrontements ? Comment ne pas périr sous une horde de figurines déployées par un adversaire mieux pourvu que soi ? Très simplement, comme les règles le rappellent en conclusion : en discutant avec son adversaire. En imaginant un scénario, en proposant un défi ludique plus original que la simple destruction des forces adverses (ce à quoi se résument hélas 60 à 75% des parties de jeux de figurines de nos jours). Age of Sigmar augure du retour en fanfare des parties scénarisées contre les bêtes batailles équilibrées (un mythe tant l'équilibrage de deux armées différentes reste une gageure autant qu'une suspension commune de crédibilité), et c'est un choix très judicieux de la part de Games.
Ah, ah ! Viré, le Space Marine ! Sigmar va vous en faire baver, bande d'hérétiques mal lavés !
Sans doute verra-t-on fleurir un système destiné à tenter de proposer des affrontement équilibrés mais ce n'est pas utile. Les joueurs de jeux historiques qui prennent plaisir à recréer les grandes batailles de l'histoire se posent-ils souvent la question de l'équilibre de leurs forces ? Pas vraiment, mais ils prennent plaisir à la recréation d'une situation donnée, enthousiasmante et originale. A Alésia, Vercingétorix et Jules César combattaient-ils avec les mêmes moyens ? Et à Waterloo ? A Gaugamèles ? Aux Thermopyles ? Le combat de Bayard était-il équilibré ? Pourtant, ces combats sont restés dans l'histoire.
Une modeste troupe de guerrier escorte un prince et se trouve face à une force expéditionnaire ennemie, peut-elle aider le prince à prendre la fuite ? Une force d'éclaireurs tente de mettre à mort un général ennemi avant une grande bataille, une troupe d'élite protège un thaumaturge chargé d'achever un rituel alors que les hordes ennemies surgissent à l'horizon, un messager doit traverser coûte que coûte les rangs ennemis pour avertir des renforts... Age of Sigmar encourage tout cela (à titre d'exemple, l'armée en infériorité numérique d'un tiers peut choisir une condition de victoire par mort subite) et c'est une bonne chose parce que le système vise à créer de l'échange et du plaisir de jouer, des choses parfois rares autour des tables, concentrés que sont certains joueurs et certains systèmes à ne s'adresser qu'à la raison de celui qui joue et non à ses émotions. Age of Sigmar, plutôt que d'inviter à jouer 'contre' un adversaire, incite à jouer 'avec' un complice, une nuance de taille. Un choix surprenant pour beaucoup, mais qui garantit aussi à GW d'offrir le système le plus simple et le plus abordable qui soit (idéal pour conquérir les nouveaux joueurs et jouer avec les plus jeunes) et un joli contrepied à la tendance actuelle de jeux très complets mais qui nécessite une longue courbe d'apprentissage. Quant aux points de règles flous, c'est là encore, un faux problème auquel seul celui qui n'a jamais joué avec une seule règle maison pourra jeter quelques cailloux.
Adios Battle !
Sigmar : bagarre !
Certes, en faisant cela, Games Workshop tourne délibérément le dos aux fans de longue date, à ceux qui ont accumulé moult armées dans l'idée d'être les plus efficaces ou les plus destructeurs. Mais dans le même temps, si ces joueurs peuvent considérer un instant qu'un système qui leur permet d'arriver et de jouer 5 minutes plus tard peut aussi se révéler plaisant, alors beaucoup de l'incompréhension ou de l'acrimonie que l'interweb a connu ces derniers jours finira par disparaître. Car c'est l'autre point fort du système : nul besoin de peaufiner une liste des heures durant, on prend les figurines que l'on a envie de jouer, on les pose sur la table, on bricole une histoire, et on joue.
RIP Old World, sic transit gloria ludi
Reste un grief de taille, celui du fluff et de la direction artistique. Punir le Vieux Monde pour les défauts du système qui l'a accompagné depuis ses débuts était sans doute un geste exagéré, tout compréhensible que soit pour la société anglaise la nécessité de faire évoluer les factions et leur look en vue de défendre ses parts de marché et sa propriété intellectuelle. Un Vieux Monde relooké par des évènements cataclysmiques aurait sans doute provoqué moins de stupeur et d'incompréhensions parmi les joueurs du monde entier, depuis les vieux grognards jusqu'aux jeunes fanboys. L'avenir dira si ce choix porte des fruits prometteurs pour GW où s'il sonne le glas d'un univers fantastique dont les guerres épiques ne résonneront bientôt plus que sur les écrans des ordinateurs (oui, Total War: Warhammer, c'est toi que je regarde).
Vais-je craquer à titre personnel ? Sans doute pas pour le moment, les règles sont disponibles gratuitement et je suis surtout curieux de voir ce que donnera le design des figurines à venir. Suis-je totalement conquis pour autant ? Sans doute pas non plus, j'aime aussi les systèmes fouillés et les propositions plus exigeantes, mais un jeu de ce type a tout à fait sa place dans ma ludothèque tant il pousse à réinjecter du récit dans des affrontements réglés par des règles simples, à s'amuser autour de scénarios et à bricoler des histoires auxquelles tout le monde peut prendre part avec plaisir, le tout sans avoir besoin de passer des heures à peaufiner une tactique ou à mettre sur pied une liste. Je suis également rôliste et j'ai toujours considéré qu'un jeu allait dans une mauvaise direction lorsque les règles et leur abondance en viennent à prendre le pas sur le plaisir collectif de jouer.
Inspirez, expirez...
En ce sens, Age of Sigmar me semble riche de possibilités et je me dois de saluer l'audace dont fait preuve Games Workshop. Il me semble que si la critique est un droit, il faut aussi savoir reconnaître les bonnes choses. On a beaucoup reproché à la firme de Lenton son manque d'écoute, d'inventivité et de remise en question. Une entreprise commerciale n'est pas une démocratie, et les clients n'ont pas de droit de regard en dehors de celui d'aller acheter ailleurs, pour le coup, je crois que le choix des bonshommes en rouge et jaune d'une simplicité assumée est aussi malin que pertinent même si il est bien évidemment impossible de satisfaire tout le monde et qu'il est légitime qu'il y ait des déçus. A ceux là, je conseillerai d'aller voir chez le voisin, Mantic qui sort à la fin de l'été la deuxième édition de Kings of War (qu'ils ont désormais beau jeu d'appeler, "le" jeu des bataille fantastiques) qui, outre ses règles fluides et ses mécaniques simples, invite à jouer des pavés de troupe en de grosses bagarres générales. Ironie du sort, les règles sont d'Alessio Cavatore (l'un des pères de Mordheim) et l'avant-propos est signé Rick Priestley, deux anciens de chez GW.


A lire en complément : on a joué à Warhammer : Age of Sigmar.

14 commentaires:

  1. Un article remarquablement intéressant mon Cher Docteur Half... Assez objectif mais très (trop ?) résolument optimiste à mon goût.

    J'ai claqué la porte de GW il y a un peu plus de 2 ans à présent et j'ai assisté au lent et inexorable déclin d'un univers qui m'avait accompagné des décennies durant.

    Qu'il y ait des déçus à chaque "changement", majeur ou relatif, cela je peux aisément le comprendre... Mais de grâce, fallait il que celui-ci implique l'éradication pure et simple de 30 ans de fluff patiemment bâti par les Anciens d'une part, d'une promotion grossière d'un sous-genre de space marine d'autre part et enfin d'un véritable doigt d'honneur aux vétérans qui doivent se contenter de cette vaste tarte à la crème que sont les "war scrolls" afférents aux anciennes références ?

    Surtout quand on sait l'amour très relatif pour ne pas dire hautement éphémère que porte GW pour ses enfants dont il ne veut plus s'occuper (les jeux Specialist... Les listes d'armées tombées au champ d'honneur comme les Squats, le Culte de Slaanesh, les Tueurs de Karak Kadrin etc etc etc...).

    Je suis curieux de voir comment ce projet va évoluer. Je n'ai jamais eu l'envie de revenir dans le giron de GW et je mentirai si je disais que AoS m'en rapproche un peu. Certes, Battle est en chute libre par rapport à 40K mais à qui la faute ? Est-ce la bonne solution que de se lancer dans une esthétique space marine au rabais avec des appels de phare et de pieds grossiers ? On voit clairement que l'échec est tout de même envisagé "Si ça marche pas, ça fera de la conversion pour les joueurs space marine donc on y gagne quand même".

    Plutôt que de réparer convenablement ses erreurs, je trouve très dérangeant que GW choisissent de capitaliser uniquement sur son dernier enfant viable qu'est 40K... Sans parler du fait que GW prouve qu'il ne reculera devant rien pour maintenir ses ventes : pour l'instant les joueurs de 40K observent, parfois se gaussent et se frottent les mains de cette nouvelle manne potentielle de conversion... Mais qu'est ce qui empêche GW de faire de même avec 40K demain ?

    Qu'ils ne se leurrent pas : GW peut tout a fait décider un beau matin "pif pouf Abaddon parvient à faire une percée sur Terra, détruit le Trône d'Or, l'Imperium tombe et les Dieux du Chaos font la fiesta... Ne reste qu'un humain paumé dans un coin sombre de la galaxie qui grandit petit à petit..." et hop, on relooke le tout, exit les codices, les bouquins d'Apocalypse et de Guerres Urbaines et voilà la surprise du chef : 4 pages de règles et jouer ce que vous voulez...

    Rick Priestley a déclaré lui-même dans une interview peu avant la sortie de AoS que si GW faisait ça, il ouvrait un véritable boulevard à la concurrence et à Mantic en premier lieu...

    Je ne peux m'empêcher d'être pessimiste même si sur le fond, je n'en ai plus rien à foutre de se qui se passe chez GW (en revanche, je témoigne toute ma compassion à mes Condisciples Vétérans qui bientôt devront se résoudre à faire des choix drastiques concernant leurs armées... Pour ma part, j'étais à fond dans les Hommes-Lézards...).

    Serviteur,

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    1. Merci pour cette remarque tout à fait intéressante. Je ne nie pas le peu de cas que fait GW de ses joueurs, je sais bien que leur seule loi sera celle qui leur rapportera le plus. Et comme je l'ai écrit, je trouve très dommage qu'ils se soient crus obligés de détruire le Vieux Monde pour vendre leur nouveau système.
      C'est selon moi une grosse erreur alors que ménager les anciens joueurs tout en attirant une nouvelle génération n'était selon moi pas incompatible.
      Effectivement, leurs décisions pourraient bien précipiter des joueurs dans les bras de la concurrence, ce qu'ils n'auront pas volé eu égard au peu de cas qui est fait des 'anciens joueurs'.
      Chaque changement d'édition ou de système a effectivement bouleversé les listes, races, armées disponibles et c'est effectivement dommage. Je ne l'excuserai par contre que si cela se fait au profit de propositions plus intéressantes. Pour l'instant les figurines ne titillent guère ma curiosité ou mon intérêt.
      J'ai de vieilles choses en métal dans mes étagères qui datent d'éditions révolues mais qui, à défaut de trouver une place sur une table en garde une sur mon établi de coloriage. Il en va de même pour d'autres jeux (la première édition de Warhammer le jeu de rôles contenait bien des choses qui furent abandonnées/oubliées par la suite).
      Je n'ai pas trop de rancoeur envers GW, je trouve leur proposition pas idiote mais il est évident qu'elle n'est motivée que par la volonté de préserver un secteur défaillant de leurs ventes.
      Sur 40k, les spécificités de l'univers garantissent une certaine pérennité aux armées mais effectivement, un rebondissement narratif pourrait bien conduire GW à tourner le dos à des milliers de joueurs si l'envie l'en prenait. A voir leurs dernières sorties, j'ai l'impression qu'ils puisent dans le filon rétro pour réinjecter des choses intéressantes dans l'univers. Je ne serai pas surpris qu'après le Mechanicus, on voit revenir des Cultes Genestealers et d'autres armées de niche ou délaissées jusqu'alors.

      GW n'est pas philantrope, je ne leur en veux pas pour ça. Si j'ai écrit tout ça c'est d'abord parce que ça reflète ma pensée et ensuite parce que je pense qu'il faut aussi savoir reconnaitre les changements positifs quand ils arrivent, même si avec GW, ils restent sans doute à prendre avec des pincettes.
      Ca ne m'empêchera pas de jouer à Blood Bowl ou à Mordheim aussi longtemps que je trouverai des joueurs pour le faire ;)

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  2. Bel article, bien écrit et agréable, bravo rien que pour ça !
    Mais bravo également pour apporter une touche de sérénité dans cette vague de haine/d'amour déraisonné envers GW.

    Chacun voit midi à sa porte, mais je trouve fatiguant que chaque décision prise par cette société se transforme en débat public dans lequel il faut absolument comprendre/décoder/expliquer/justifier les choix stratégiques des dirigeants. Je comprends tout le pathos qui lie les clients au hobby, et donc à la société GW, mais c'est vraiment too much à mes yeux pour une entreprise qui vend des bonhommes en plastique.

    En tous cas j'ai apprécié de te lire :)

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    1. Merci à toi de m'avoir lu ! Je t'avoue que je n'avais pas prévu d'écrire sur le sujet mais ayant lu les nombreuses réactions exagérées (dans un sens comme dans l'autre) au sujet du jeu et après avoir lu les règles, j'ai estimé qu'on pouvait aussi aborder les choses de façon sereine et plus détachée.
      Comme tu le dis très bien, ce n'est qu'un jeu :)

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  3. Bonjour,
    Article intéressante, bien qu'optimiste je trouve aussi. Je ne peux guère m'avancer sur les règles ne jouant pas au jeu de bataille de cet éditeur. Cependant j'ai joué au JDR et je suis triste de le voir finir sur un fluff aussi minable (quand on pense que ces gens avaient éditer l'ennemi intérieure qui est comparable aux masques de Nyaralatotep ). Quand au design des nouvelles factions comment dire cela... c'est méga moche ( ok chacun ces goût mais là c'est soirée Rococo au louvre les gars, y a des cathédrales gothique flamboyant moins chargé que cela) ils ont réussit à faire pire que W40K qui bien que moche à mon gout (proportion grotesques, surcharge de crâne, surcharge baroque de tout ect.) avait au moins un style reconnaissable et caractéristique. La c'est la version copie kitch de W40K. Qui cela va attirer ? Les gens qui n'aiment déjà pas 40K? Je pense que quand même le moteur pour se lancer dans l'achat c'est les pitous, au pire si les règles sont pas très bien on va prendre chez la concurrence (qui comme vous l'avez dit fait dans le gratuit aussi, bien souvent). Enfin bref je suis pas bien optimiste pour ces raisons.
    Cordialement

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    1. La disparition du Vieux Monde est un effet collatéral qui, si il peut se justifier de la part de GW, n'en demeure pas moins brutal aux yeux de bien des joueurs. Rapidement, la première édition du jeu de rôles et le jeu de figurines ont cependant pris des chemins divergents mais jusqu'à la dernière édition en date dont Fantasy Flight Games a d'ailleurs annonce l'arrêt il y a quelques mois, le Vieux Monde était resté un terrain de jeu formidable, notamment du point de vue du jeu de rôle. La fin de ce monde dans la chronologie de GW n'en signe cependant pas la disparition des tables et des têtes des joueurs.
      Quand Wizards of the Coast brisa les Royaummes Oubliés de Donjons & Dragons à la faveur du passage à la quatrième édition, pour autant, cela n'invalide pas tous les ouvrages parus auparavant. Je gage donc que le Vieux Monde a encore de beaux jours devant, peut-être encore plus maintenant que GW cesse d'y intervenir et d'en réviser régulièrement l'histoire.
      Votre intervention pose cependant une autre question : quid de l'avenir de Warhammer en jeu de rôles. Si l'univers de 40K a permis l'éclosion d'une série de gammes variées, le nouvel Âge de Sigmar semble, pour l'instant du moins, peu prometteur en la matière. Là aussi, il est urgent d'attendre...

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  4. Bon article, que j'ai apprécié lire car il m'a apporté un oeil plus serin sur ce nouveau jeu. On peut reprocher le côté un peu trop optimiste parfois mais dans l'ensemble c'est une très bonne analyse.

    Pour mon expérience, après avoir joué à Age of Sigmar, je pense investir dans ce jeu. J'explique pourquoi :

    J'ai commencé le hobby avec col du crâne que j'avais acheté avec un ami. Nous avons commencé tout seul sans aucune autre explication que les livres vendus avec et le bouquin de règle. A l'époque, la complexité de la prise en main ( nous n'avions jamais joué à des jeux de fig ) et les pavé de règles (L.A + livre de règle) nous avaient très vite découragé. On s'était alors tournée vers 40k, l'univers dark plus à notre goût et le système d'escouade (plus souple) assez fun. On a joué avec la v5, v6 et v7.
    Puis il y a un an, un peu lasse du rythme de GW nous nous sommes inscrits dans une association ou nous avons découvert warmachine. Nous avons monté des armées, fait quelques tournois, mais le système uniquement tourné sur l'astro-poutre laissait un petit vide. Je commençais à regarder mon armée tyranides qui dors dans un carton avec un peu de regret. Elles étaient loin les parties riches en décors et scénarios travaillé. La c'est 2 barrières, une forêt et des scénarios de tournoi pré construits. Puis est apparu age of sigmar. Après avoir tout entendu, nous avons testé 4 fois le jeu cette semaine. Nous avons retrouvé cette détente autour de la table ( warmachine se joue à la clock ) et ce fun comme lorsque nous jouions à 40k. Donc oui ce jeu me plait !

    Je pense comme vous que cette nouvelle mouture est faite pour plaire aux joueurs casual (comme je suis) qui apprécie de jouer des bataille héroïque riches en rebondissements et sans compétitivité. Le virage de warhammer est très sérré et soit le jeu disparaitra très rapidement dans les mois qui viennent ou soit il parviendra à s'installer comme le jeu détente de figurine fantasy (car il n'y en a effectivement pas d'autres).

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  5. Merci pour tes remarques. Après quelques parties de test, AoS se révèle être en effet un candidat idéal au titre de très bon jeu 'en mode détendu' : règles simples et vite assimilées, profils clairs -> comme tu le dis je pense que beaucoup de néophytes ne seront pas effrayés par des pavés de règles. GW a toujours voulu vendre d'abord des figurines, AoS évacue donc la question des gros livres de règles un peu intimidants... sans que pour l'instant l'esthétique global de la chose ne me titille beaucoup. On verra à mesure que d'autres factions seront revisitées, mais le 'nouveau monde' très MMO n'est pas des plus attachants je trouve.
    Les amateurs de système de jeux permettant de jouer des grosses unités se tourneront sans doute vers Kings of War dont la seconde édition arrive (avec une VF annoncée) qui reprend les affrontements d'unités copieuses de Battle tout en unifiant et simplifiant les règles et les phases de jeu.
    Intéressante époque comme dirait l'autre... :)

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    1. Très intéressante ! Merci pour ton article calme et posé, loin des affrontements entre pour et contre.
      L’arrivée d’AoS a au moins permis de raser un système lourd et vieillissant. Il est dommage que GW ait jeté le bébé avec l’eau du bain comme dit le proverbe. Je trouve toutefois que GW a fait plusieurs faux pas que tu ne souligne pas trop dans ton article.
      D’une part, les figurines restent extrêmement couteuses. Le billet d’entrée dans Age of Sigmar reste donc très élevé pour se lancer dans cette nouvelle faction de « Sigmarines ». Or, c’est ce genre de nouvelle faction qui pourrait attirer des joueurs comme moi, ayant déjà trois ou quatre armées de Battle. La tentative de séduction tombe complètement à l’eau dès qu’on doit passer à la caisse( 3 figs pour 45 euros ou le leader pour 65 euros !!!).
      D’autre part, les règles, que je dois plus complètement tester, manquent de ce qui m’a séduit dans SAGA, c'est-à-dire une simplicité affichée mais avec une certaine profondeur tactique qui oblige à bien réfléchir. Les premiers warscrolls gratuits laissent plutôt penser que nous allons droit vers une multitude de règles spéciales qui vont artificiellement compliqué le jeu.
      C’est triste car avec AoS, GW a eut cette idée totalement géniale de virer les points et d’assumer un déséquilibre pour jouer une histoire, un vrai séisme dans notre petit monde du wargame non-historique ! Et c’est là qu’on trouve une dernière erreur : quelle histoire ? Les règles ne donnent pas de scénarios et le « fluff » de ce nouveau monde est totalement embryonnaire pour rester poli. Un tableau aléatoire d’objectifs personnels comme dans Mousquets et Tomahawks aurait pu changer la donne.
      Bref, Age of Sigmar se fera sans moi car trop cher et pas assez abouti. Si il faut faire des règles maisons, autant les faire pour un autre système plus séduisant. Je suis finalement déçu alors que GW avait tellement d’atouts en main pour faire un jeu digne de la concurrence. Au final cette dernière fait mieux pour moins cher. Merci à GW de nous l’avoir fait découvrir en attendant un Aos v2 (si il sort).

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    2. Merci pour tes commentaires avisés ! Sur le pirx : malheureusement, la figurine reste un loisir de luxe. Je pointerai tout de même le fait que la boîte d'AoS reste une bonne affaire pour qui veut se lancer, et que pour jouer à AoS - contrairement à Battle -, il n'est point dbesoin d'aligner 60 figurines. Alors certes le ticket d'entrée reste élevé, mais là où GW a encore des kilomètres d'avance sur la concurrence, c'est sur la modularité de ses kits. Chacune des nouvelles sorties disposent d'une palanquée d'options de personnalisation. Cela a un prix qui s'il reste cher se justifie tout de même au vu de la qualité des produits Games. Là où je te rejoins, c'est sûu le manque de profondeur de ce nouveau monde qui reste très plat et trop lisse à force je pense de chercher à être trop passe-partout. Le design des nouvelles factions, s'il a le mérite de l'originalité, n 'est par ailleurs pas des plus heureux (aucun personnage nommé avec une histoire riche, un choix de couleur plutôt malheureux, etc).
      Quant au système, je t'engage à jouer avec le maximum de warscrolls, ils n'ajoutent que peu de sous-règles (se contentant souvent de modifier des seuils) et d'ajouter des options de jeu plutôt intéressantes.
      Tactiquement le jeu n'est évidemment pas d'une profondeur folle (Saga est effectivement bien plus réussi de ce point de vue là), mais il a le mérite d'être jouable rapidement par à peu près n'importe qui, ce qui était je crois l'intention de GW.

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  6. Bonjour,je voudrais savoir si l'on peut jouer a warhammer age of sigmar avec les anciennes figurines car j'ai des orks est je n'ai pas envie de de changer merci.

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    1. Sans problème, les figurines de la gamme warhammer sont compatibles, leurs profils (les warscrolls') sint téléchargeab'es gratuitement sur le site de Games Workshop.

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  7. 11 ans que je connais warhammer battle, que je peind, que je lis ses romans si passionnants, me refait les mark of chaos et battle march sur PC. Et d'un revers de la main et quelques décisions de stratégie commerciales le monde fantaisie qui me passionne depuis plus de dix ans est mis au rebut. Le monde est détruit, le chaos a gagné ?! Un peu lapidaire, non ? C'est ça l'excuse qu'ils ont trouvé ?!! Du n'importe quoi.
    Franchement, j'en pleure...
    Heureusement Total War Warhammer arrive.

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    1. Merci pour ton commentaire !
      "Heureusement Total War Warhammer arrive." je partage tout à fait cet avis.
      Quant à la destruction du Vieux Monde made by GW, je pense que la nouvelle n'est pas si mauvaise que cela. Les univers GW ne se sont jamais aussi bien portés que lorsque GW les a abandonné. Mordheim, Blood Bowl et bien d'autres sont bien vivants et la littérature produites au fil des années font que le Vieux Monde, même s'il n'est plus le cadre des jeux de Games, n'en reste pas moins vivant. La différence c'est que les joueurs y sont désormais susceptibles d'y faire ce qu'ils veulent :)

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