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mardi 2 mai 2017

Interview : Burn Out (bis) par Minus

Le jeu en campagne, est l'un des grands plaisirs du figuriniste. On y pousse des petits bonshommes qui prennent du grade, évoluent, vivent une histoire, subissent des blessures et finissent parfois par mourir... bêtement. Quel que soit le destin des petits soldats qui évoluent sur les tables bricolées vite fait ou soigneusement édifiées au fil de longs chantiers collectifs, les histoires qui y naissent se révèlent souvent au moins aussi mémorables que les moments partagés à discuter, rigoler, pester ou se creuser la tête avec des comparses joueurs autour des dites tables. Jusque-là plus adapté au jeu en tournoi (grâce à une équipe de testeurs-auteurs des plus efficaces), Eden connaîtra dans quelques mois un mode de jeu en campagne grâce à une fructueuse campagne de financement qui arrive à son terme sous peu. Après en avoir discuté avec Mohand, grand manitou du post-apo à la française, c'est Minus, auteur des règles de l'extension qui s'est prêté au jeu des questions-réponses, histoire d'en savoir un peu plus sur Burn Out.
Le starter modulable pour les bandes de mutants d'Eden. Un des prochains objectifs de la campagne de financement en cours.

lundi 1 mai 2017

Interview : Burn Out (et plus) par Mohand

La figurine, comme beaucoup d'autres loisirs dis « de niche », c'est une affaire de passion avant tout. De celles qui vous font travailler jusqu'à des heures indues et vous lancer dans des projets auxquels vous avez parfois le sentiment d'être le seul à croire. Mais heureusement, la passion est également communicative et constitue souvent un moteur tellement forte qu'elle donne naissance à des projets et des élans collectifs inoubliables pour ceux qui les vivent et ceux qui y prennent part. La rencontre de Mohand, peintre, sculpteur et auteur passionné et de Minus, peintre, joueur et bidouilleur de règles tout aussi passionné a donné naissance à Burn Out, une proposition ludique originale dans le monde post-apocalyptique d'Eden. A l'heure où la campagne de financement participatif lancé pour donner vie à cette extension est dans ces dernies jours, il était temps d'en savoir plus en rencontrant ces deux créatifs. Première étape avec Mohand, celui par qui Eden (et ses déclinaisons) sont arrivées.

Les Askaris disponibles avec Burn Out. Je dois dire que la faction a un sacré look :)

mercredi 30 novembre 2016

Interview : Ivankaiser, geek, modeste et talentueux

L'interweb est plein de suprises. Des mauvaises, mais aussi des très bonnes. Au détour d'un lien et de quelques photos, la découverte d'un peintre opiniâtre et talentueux, qui partage volontiers son travail, détaille sa démarche et son approche avec ce qu'il faut de décontraction mais sans rien cacher pour autant de la difficulté de mener à bien les projets dans lesquels il se lance. Vous avez sans doute déjà découvert son travail sur Zombicide et ses déclinaisons et probablement jeté un oeil à ses dioramas dynamiques colorés et diantrement bien pensés (oui, même celui qui a fait tiquer les saintes Nitouches de Facebook voilà quelques semaines).
Figuriniste, mais pas seulement, l'homme défend sa liberté de parole et de ton et plutôt que de perdre son temps à critiquer inutilement s'acharne à dispenser bons tuyaux et conseils avisés à destination des peintres. S'il pousse volontiers de la figurine (qu'il a appris à apprécier auprès des pointures du genre), il triture aussi les manettes en fin connaisseur des jeux vidéos d'hier à aujourd'hui et se définit comme "collectionneur matérialiste, petit joueur, rageman ascendant crevardman, Lutador. Un pigeon parmi les vautours". Si c'est le cas, Ivankaiser, car c'est de lui qu'il s'agit, est un putain de piaf rarissime, l'oiseau rare en somme. Echange avec un créatif modeste et attachant, pas avare de conseils, qui vit et partage ses passions sans complexe, avec l'énergie et l'humilité des grands.
Zombicide Black Plague peint avec un sacré talent, à un rythme soutenu et pour un rendu super classe. Ivankaiser est dans la place.

samedi 22 octobre 2016

Interview : Karaak, sélectionneur de l'équipe de France de Blood Bowl

Au-delà de l'intérêt hobbyistique que représente Blood Bowl, le jeu doit surtout sa survie et sa popularité à des règles éprouvées et exigeantes, à mi-chemin entre le d6 cher à Games Workshop et une approche stratégique exigeante. Appuyé sur de solides règles de jeu en campagne et en tournoi, le jeu a traversé les époques sans perdre de son intérêt et ce en dépit de son abandon par la maison anglaise. Après la troisième Coupe du Monde organisée l'année dernière à Lucques, l'Eurobowl revient cet automne, en Suède. Rencontre avec Karaak, sélectionneur de l'équipe qui défendra les couleurs de la France lors de la compétition.
Prêts pour la compétition ? La vraie ?

mardi 4 octobre 2016

Interview : Papacube, famille et figurines

D'abord, on est jeune et fou. On voit passer les jolies couleurs des catalogues de figurines, on plonge dans un univers, on joue (vite et beaucoup), on peint (souvent pas très bien) et puis on grandit. Ceux qui parcourent ces lignes se réveillent souvent un jour avec des boîtes pleines de vieilleries métalliques et puis, une chose en entraînant une autre, avec l'aide des méandres de l'interweb, la flamme reprend. Sauf que le gamin émerveillé est depuis devenu un adulte (pas forcément toujours responsable, et c'est tant mieux) et que le retour de cette passion envahissante doit être conjugué avec une vie amoureuse et familiale qui s'accommode souvent mal de bouts de plombs et de plastique qui traînent un peu partout. Hobbyistes inquiets, rassurez-vous, le mélange famille-figurines est possible ! Autour de ce vaste sujet (et bien d'autres), qui mériterait à lui seul moult posts, un blogueur, figuriniste, dessinateur et surtout Papa de 3 fillettes signe régulièrement de jolis croquis colorés en formes de tranches de vie délicieusement bien vues (que celui qui ne se retrouve pas dans une des vignettes présentées ici me lance le premier dé) dont il a fait un blog. Et je n'ai pas honte de le dire, c'est par ce blog que je l'ai d'abord suivi, avant même de savoir que le discret gredin tenait aussi un blog consacré à ses peintures. On y parle de vie de famille, de technologie, de sorties communes et de l'art d'être parent (avec beaucoup de simplicité) et aussi de figurines. Car sous son crâne dégarni et son trait de crayon pertinent, Papacube est un figuriniste de longue date, peintre très doué et joueur occasionnel mais amateur convaincu des univers Games Workshop. Rencontre avec un papa peintre passionné et ouvert.

Papacube, ses trois princesses et mamancube qui veille au grain. Tranches de vie bien dessinées

mardi 20 septembre 2016

Interview : Morikun, coups de gueule et coups de coeur (3ème partie)

Non Morikun n'est pas qu'un guerrier brutal assoiffé du sang de ses ennemis. il est aussi un chroniqueur doux et réjoui (oui, même quand on parle de Prodoss). Mais comme tout le monde, sous son kimono ignifugé, il y a un coeur qui bat. Un coeur de figuriniste déçu par une certaine marque anglaise, fâché contre la modération d'un forum bien connu et qui n'aime surtout pas être pris pour une nouille par des boîtes qui prendraient trop souvent les soutiens d'une campagne de financement participatif pour quantité négligeable. Vindicatif le Gardien du Temple ? Pas plus que tout le monde, d'autant qu'à l'inverse, l'homme sait se faire le chantre des propositions défendues par des artisans honnêtes et des fabricants talentueux. En dehors de la plume bien trempée de Morikun, on vient aussi dans son Temple pour ses coups de gueule comme ses coups de coeur. Car l'homme est affable (même s'il mêle napalm et barbecues*), pour preuve, quand on l'appelle "quelques minutes" pour tailler une bavette, ça dure bien plus longtemps que prévu. Et c'est tant mieux ! Dernière partie de l'interview du généreux Gardien du Temple.
Sabreur solitaire à la lame aussi affûtée que sa langue, Morikun défend un hobby décomplexé, abordable, respectueux et convivial. A l'image de son Temple, impressionnant mais accueillant.

mercredi 14 septembre 2016

Interview : Morikun, le hobby à taille humaine (2ème partie)

Hobbyiste accompli, jamais à court d'idées, McGyver du soclage et adepte de la déclinaison du clan Mori à bien des sauces, Morikun, outre une expérience déjà longue dans la peinture de petits bonshommes de métal ou de plastique, est également le tenancier d'un blog réputé qui fête ces jours-ci son 600 000ème visiteur. De débuts modestes et tâtonnants à la machine à teaser et à dérouler des tutoriels aussi divers que pratiques, le Temple de Morikun est devenu un point de passage important pour les figurinistes de France et de Navarre. Sans doute parce que le verbe inépuisable du gardien et les apprentissages qu'il y dispense se révèlent toujours instructifs et abordables. Une démarche simple, qui n'est pourtant pas à la portée de tout le monde. Ce qui explique sans doute en partie l'audience grandissante dont bénéficie le maître des lieux. Plus qu'une simple galerie de ses figurines, le Temple accueille en outre volontiers des chroniques culinaires, haïkus, coups de gueule, coups de coeur et test divers et variés, le tout à taille humaine. Nul besoin ici d'être un roi du pinceau, maître des mille lavis, des fondus subtils et de la main levée : le propos reste à hauteur d'homme et invite sereinement à décomplexer les hobbyistes timides, avec Morikun, tout reste possible et abordable pour qui veut s'en donner les moyens. Suite donc de l'interview de Morikun, éponyme gardien d'un célèbre temple.
Morikun dans ses oeuvres : "Que vais-je peindre aujourd'hui ? Et qu'est-ce qui m'a pris de lancer ce blog ?!"

lundi 12 septembre 2016

Interview : Morikun, Gardien d'un Temple rempli de pèlerins (1ère partie)

Une légende raconte que dans les les terres du sud se dresse une antique construction religieuse. un édifice de pierres moussues qui ne se dévoile qu'aux pèlerins les plus opiniâtres et aux marcheurs les plus courageux. Un espace de paix et de recueillement qui porte aussi les traces de nombreux combats oubliés, de pierres fondues en sable vitrifié, le promeneur entre alors dans un vaste hall très densément rempli de manuscrits et de rouleaux en tous genres. Les allées et venues, bien que nombreuses, ne troublent que rarement la quiétude des lieux veillés par un gardien calme portant le daisho mais aussi un bolter lourd chargé de projectiles au napalm. Alors qu'un nouveau concours destiné à fêter la fréquentation conséquente de son modeste temple vient de démarrer, le Gardien du Temple a bien voulu répondre à quelques questions. Ceux qui le connaissent savent l'homme bavard, aussi , cet entretien sera-t-il partagé en trois parties, pour éviter au lecteur la lecture d'un aride pavé de réponses néanmoins passionnantes. Place pour commencer à Morikun, le modéliste et le joueur.
Le Temple,  abri séculaire (enfin au moins depuis juillet 2011) de son inénarrable gardien

vendredi 22 avril 2016

Interview : Martin Grandbarbe de Confrontation à Conan

A la fois Michel-Ange et Stakhanov, l'homme inonde régulièrement l'interweb de ses peintures travaillées. Des âges hyperboréens jusqu'à un lointain futur envahi par la guerre, son pinceau est un instrument à voyager dans l'imaginaire et ses multiples mondes. C'est pourtant au travers de son travail pour le défunt Dragon Rouge de Rackham que Martin Grandbarbe s'est d'abord fait connaître. Travailleur et talentueux, il promène ses pinceaux au travers de multiples gammes de figurines pour le plus grand bonheur des amateurs de belles figurines et vante le jeu détendu et les ambiances amicales, montre un niveau étourdissant tout en restant très simple et confie jouer à pas mal de choses différentes, sans pression, pour le fun, Un très bon convive en plus d'un peintre généreux et doué. Décollage.
L'un des nombreux exemples du travail de Martin Grandbarbe chez Rackham : la peinture Studio du Rôdeur Wolfen. Toujours superbe.

lundi 11 janvier 2016

Interview : il reste de la glace, complément d'interview de Joseph McCullough, auteur de Frostgrave

Après la réception de l'ouvrage de Frostgrave, je me suis décidé à prendre contact avec son auteur pour discuter un peu du jeu et réaliser une petite interview qui a fini par atterrir dans les pages du Blogurizine 22 sorti voilà quelques jours (j'en profite d'ailleurs pour remercier son équipe en général, son dynamique et sémillant rédac' chef, son monteur talentueux et ses pin-up avenantes). Quelques questions étaient restées dans les cartons, parce que tournant moins autour du jeu et plus autour du parcours et des influences de Joseph McCullough. Je pense malgré tout qu'elles restent intéressantes pour qui s'intéresse au jeu ou est un peu curieux.
"Qui m'a piqué mon fond de teint ? Déconnez pas les gars, j'ai une tête de cachet d'aspirine !"
La version Frostgrave du nécromant, un type toujours jouasse et chaleureux, le coeur (des autres) sur la main.
On y apprend que les lectures enfantines restent l'idéal pour élargir l'horizon (allez donc éteindre cette télé bruyante !), que Donjons & Dragons a décidément largement irrigué la culture des années 80 et que les auteurs aussi achètent plus qu'ils ne peuvent peindre. Quelque part, c'est rassurant, en tout cas, c'est instructif.

mardi 5 janvier 2016

Interview : Minus, conquérir le monde, une figurine à la fois

Arpenteur au long cours de l'interweb, sa présence numérique investit nombre de forums et sites consacré au hobby et à la figurine où son talent de peintre fait merveille. Le sieur Minus, prince du violet et de ses marches, a bien voulu répondre à quelques questions sur son parcours de joueur... et de peintre.
Tombé les deux pieds dans le jeu made by GW, il préfère aujourd'hui investir le champ des jeux d'escarmouche, pour lesquels il peint bien et beaucoup. Son blog, outre le ton léger et accueillant qu'il emploie, fourmille ainsi de figurines issues de nombreuses gammes, des plus connues aux moins réputées; offrant aussi aux curieux, un joli regard sur des univers variés et explorés avec talent et sans a priori par un joueur détendu, un peintre aguerri et un photographe talentueux.
Petit par le pinceau, l'homme (par ailleurs modeste), de façon sans doute moins tapageuse que d'autres hobbyistes, a su se faire un nom que l'on oublie guère. Un bonne nouvelle, tant sa démarche curieuse et décontractée prouve largement que loin de n'être qu'une affaire de champions, la peinture de figurines et le jeu (comme pas mal d'autres choses en fait) restent avant tout une affaire de passion et de persévérance. Je mouche ma bougie et je range ma plume pour laisser les images et les réponses de Minus parler pour lui.



jeudi 19 novembre 2015

Interview : EDEN et Drakerys, peinture et plaisirs ludiques selon Mohand

Après une première partie d'entretien consacré au Kickstarter de Stygmates, on continue à parler des activités de Mohand, d'EDEN à Drakerys. On y découvre la nécessité de l'ouverture au monde et on y apprend comment des envies inassouvies conduisent à des nouveautés originales. Sans détours, Mohand parle de son boulot, du plaisir du jeu et des joies de la peinture. EDEN, proposition ludique plutôt bien installée dans le paysage français reste un projet fragile porté, comme d'autres, par des passionnés investis dans son développement. Un développement qui n'entend pas s'arrêter là.
Plus loin du post-apo, Mohand s'illustre aussi dans le médiéval-fantastique via Drakerys, porté par Don't Panic Games et son équipe de choc, et financé après une campagne Kickstarter en juin 2014. En phase de finalisation, le projet devrait arriver dans les prochains mois, aux dires de son créateur. Un créateur parfois las du manque de soutiens mais toujours enthousiaste et motivé et qui reste avant tout un joueur ravi de partager, d'échanger et de motiver.
Un orc Ashral de Drakerys peint par Chestnut Ink et récompensé par l'or au Scale Model Challenge 2015


lundi 2 novembre 2015

Interview : Mohand parle de Stygmates, le nouveau projet jeu de rôles dans l'univers d'EDEN

Oser, c'est bien. Mais c'est parfois difficile. Pour lancer leur nouveau projet de jeu, Mohand et Happy Games Factory ont donc choisi Kickstarter. Financé malgré quelques incompréhensions, le kit de démarrage jeu de rôle Stygmates invite à arpenter les terres d'EDEN dans la peau de survivants dans un mode post-apocalyptique. A l'écoute des commentaires mais droit dans ses bottes quant à ses possibilités et ses envies, Mohand, peintre et sculpteur talentueux, mais aussi démiurge de l'univers futuriste, sombre et violent d'EDEN a bien voulu répondre à quelques questions pour présenter son projet et ses envies. Non loin d'une rivière toxique, les feulements sourds de quelques monstres mutants et le vrombissement des moteurs de véhicules de bric et de broc, d'une horde de jeunes femmes montées sur des poneys de bois, il présente son nouveau projet et défend sa démarche.
Entre Fallout, le Bitume de Croc et les Mad Max de George Miller, EDEN et ses prolongements ludiques ne demandent qu'à envahir sur les tables et dans les têtes de tous les joueurs, figurinistes ou non. Remplissez vos outres et comptez vos balles, voilà le temps des Stygmates !


Un casque à cimier, des bestioles mutantes et de la rouille : on est bien dans l'univers d'EDEN.

mercredi 30 septembre 2015

Interview : Victoria Game, Warmachine et Hordes par Grégoire Boisbelaud, again

Juin 2001, alors que la troisième édition de Dungeons & Dragons est encore jeune, de nombreux éditeurs tiers se lancent dans la publication de matériel pour le jeu, notamment de nombreux scénarios. Parmi la masse de sorties, pas toutes passionnantes, un triptyque (The Longest Night, Shadow of the Exile et The legion of lost souls) se démarque pour deux raisons : l'univers steampunk des Royaumes d'Acier qui s'éloigne des autres propositions plus proches d'une fantasy traditionnelle et les couvertures signées Matt Wilson (représentant le personnage emblématique d'Alexia Ciannor). Quatorze ans plus tard, deux éditions d'un jeu de rôles (fonctionnant sous deux moteurs différents) et surtout deux jeux de figurines ont développé les Royaumes d'Acier bien au-delà de ce que proposaient les trois scénarios de départ. D'un côté, des constucts métalliques menés par des magiciens spécialisés s'affrontent dans la boue et l'odeur de poudre, de l'autre, des créatures sauvages voient leur rage canalisée pour servir d'arme à des druides capables de les maîtriser.

Très typé, l'univers développé par Privateer Press s'est déployé depuis sur les tables de jeu derrière Warmachine puis Hordes au fil de deux éditions qui ont servi à affiner un système de jeu exigeant et redoutable, lequel se base sur une écriture ultra-précise des règles et des profils équilibrés au cordeau. Sur les tables, ça donne des bastons entre des golems mécaniques maniant l'électricité contre des loups-garous gigantesques, des machines nécromantiques affrontant des trolls monstrueux et bien plus encore. Hormis une timide tentative de traduction vite oubliée, Warmachine ne se fera que peu d'émules dans l'Hexagone (mais des accrocs, rassemblés principalement dans le forum Battle-Group), jusqu'à l'arrivée, voilà deux ans de Victoria Game, société toute entière vouée à la traduction, la distribution et la promotion des jeux Warmachine et Hordes.

C'est le moment où beaucoup de joueurs se détournent de Warhammer Fantasy Battle et où de nouveaux venus se laissent tenter par l'univers de Privateer Press. La communauté grandit grâce au travail de fond effectué par Victoria Game et les récents changements intervenus chez GW marquent une rupture forte (GW propose un système gratuit et léger davantage tourné vers du scénario narratif vite bidouillé quand PP sort chaque année un livret gratuit de scénarios et de jeu plus orienté vers la recherche du combo et de la finesse mécanique), au point que Privateer Press met lui aussi ses règles gratuitement à disposition (en anglais du moins).

Les accrocs au Focus et à la Furie et au jeu compétitif sont néanmoins ravis : pour la première fois cette année, au fil d'une semaine entièrement dédiée au jeu, des joueurs de France, de Navarre et d'ailleurs pourront mesurer leur talent au gré d'une série de tournois et de rendez-vous ludiques et modélistiques.
Grégoire Boisbelaud, hobbyiste multicartes a encore une fois bien voulu répondre à quelques interrogations sur le travail de Victoria Game et l'IronWeek, première du nom.
Il faut reconnaître, Matt Wilson sait y faire pour donner un style et une approche singulière à ses travaux. Son travail influence largement le design des Royaumes d'Acier. Normal, il en est l'un des pères (c'est aussi l'un des pères d'un autre jeu magnifique : Legend of the Five Rings).

mercredi 23 septembre 2015

Interview : Nicolebond et Alkemy, une passion durable

Nés de prestigieux parents, Alkemy a connu les affres de l'abandon et frôlé l'oubli avant de retrouver les bras réconfortants de joueurs passionnés. Personne n'a oublié les premières boîtes soldées pour un prix dérisoire lorsque l'éditeur originel, Kraken, finit par jeter l'éponge. Jamais abandonné par les joueurs et les passionnés, l'univers d'Alkemy, sept ans après ses débuts, s'apprête à se lancer dans l'aventure du financement participatif. Dans un paysage francophone contrasté, Alkemy reste un jeu d'une simplicité et d'une profondeur rares porté par une communauté et une équipe motivée, investie et dynamique. Avec son bâton de pèlerin, Nicoleblond - bonne fée veillant sur le jeu via l'équipe d'Alchemist Miniatures - parcourt la France pour mener démonstrations et rencontres incessantes autour du jeu. Un jeu discret mais qui gagne à être connu pour son univers original, ses figurines singulières et son approche ludique qui vise autant à créer du récit qu'à se triturer les boyaux de la tête pour ne pas faire que se jeter à corps perdus dans des combats interminables.
Univers riche, Alkemy se double aussi d'un jeu de rôle (une deuxième édition vient de sortir) qui permet de prolonger la visite d'un univers fouillé, très riche et dont la profondeur peut parfois se révéler vertigineuse pour le novice juste curieux. Qu'importe, les informations sont nombreuses et les sources riches, sans compter une communauté disponible et plutôt attachante. Un jeu sans prise de tête autour d'un monde plein de promesses, qui ne cherche pas à fourguer de la figurine à tout crin mais plutôt à fédérer et rassembler les joueurs. Autre fait notable, pour les jeunes joueurs, Alkemy reste un des jeux les plus abordables et les plus simples en terme de mécanique ludique, le tout sans renier une profondeur tactique plus grande qu'il n'y paraît.
A l'heure où se prépare une campagne de financement participatif pour donner vie à deux nouvelles factions de l'univers d'Alkemy, Nicoleblond a bien voulu se prêter au jeu des questions-réponses avec sa volubilité et sa passion habituelles. Posez votre bâton de pèlerin numérique et écoutons-le parler un peu...
Le Kabircheikh Hakim, sculpture de Jacques-Alexandre Gillois pour la faction khalimane. Ne me dites pas que l'exotisme qui fait flotter cette barbe-crinière et le regard fier de ce lion du désert vous laissent de glace.



vendredi 11 septembre 2015

Interview : Grégoire Boisbelaud, rédacteur en chef du Blogurizine

A l'heure où la presse consacrée à la figurine fait pâle figure (White Dwarf n'est plus qu'un prospectus commercial quant à Ravage, outre son décalage permanent avec l'actualité, il persiste à s'épancher sur une poignée de jeux dans des dossiers interminables ou des articles brouillons... en oubliant tout le reste), tout espoir n'est cependant pas perdu ! Depuis juillet 2008, le discret mais durable Blogurizine, naît de l'enthousiasme collectif d'une communauté motivée sous l'impulsion d'une bande de confrères dynamiques. Cinq ans plus tard, au fil de 20 numéros éclectiques et électroniques, le fanzine a pris sa place dans les disques durs et le coeur de bien des figurinistes francophones.
Et ouais, maintenant au Blogurizine, l'argent et les filles sont monnaie courante. Photo de la pin-up surprise du numéro 20 consacré au steampunk (le numéro, pas la pin-up, elle doit avoir autre chose à faire dans la vie)
Multiples, les raisons du succès se composent principalement d'une belle dose d'enthousiasme communicatif, d'articles très variés qui tapent aussi bien dans les grosses machines ludiques que les propositions plus discrètes (voire confidentielles), d'articles et de tutoriels pratiques et pédagogiques, d'une bonne humeur rafraîchissante et surtout d'une objectivité assumée. Rien de ce qui n'est dit n'est forcé pour la bonne raison que tout est basé sur le volontariat et les propositions des rédacteurs.
Topos très complets sur une grande variété de jeux (figs toutes échelles et plateaux), parties pas à pas, conseils de peinture pour les gens normaux (ben ouais, tout le monde ne veut/peut pas se farcir de la peinture de compétition), pistes pour se (re)motiver à peindre ou jouer en solo, retours sur des manifestations ou encore conseils pour monter sa première force : le Blogurizine c'est en somme le rêve du figuriniste curieux. Créé et rédigé par des passionnés, le magazine (oui, à ce niveau ce n'est presque plus du fanzinat) assume son approche singulière, n'assomme pas avec des kilos de pages de publicité et vous offre même des jeux en encart : tout ce que devrait faire mais ne fait plus une presse payante complètement perdue dans une schizophrénie mal digérée entre une passion mal assumée et des lignes éditoriales et commerciales qui se confondent trop souvent. un titre de presse spécialisée par des spécialistes et pour les figurinistes francophones : le rêve numérique (et gratuit !!!) à portée de clic. Et le fruit d'un énorme boulot collectif, invisible, passionné et passionnant qui fait un bien fou à la communauté des joueurs.
Depuis le dernier numéro, à l'occasion d'une évolution graphique impressionnante, Belisarius a passé la main à Grégoire Boisbelaud... qui a bien voulu répondre à quelques questions.

dimanche 30 août 2015

Interview : Asslessman, Leadplague et oldhammer à la française

Un pseudo comme on n'en fait plus s'est fait un nom dans la communauté du hobby. Fervent amateur d'Oldhammer, collectionneur de vieilleries rarissimes autant que de sculptures mythiques, il possède par ailleurs un rythme de peinture plus que régulier et met en couleurs aussi bien des nouveautés que des anciennes références mythiques : Asslessman, blogueur français, anglophone et hobbyvore a répondu à quelques questions. Un échange qui dessine le profil d'un assidu, peintre plus doué qu'il ne veut le dire, et dont la conception du hobby rejoint la volonté largement partagé de faire prévaloir le fun et l'échange à la compétition à tout crin.
Des pages facebook qu'il administre jusqu'à ses posts réguliers, l'homme s'y entend pour faire partager ses coups de coeur pour des vieilles figurines souvent oubliées tout en piochant dans les gammes actuelles pour convertir les nombreuses bandes pleines de caractère qui ornent les pages de son blog et on l'imagine ses étagères. Asslessman, où les chroniques d'un passionné modeste mais doué, entre hier et demain.
La grande époque de Warhammer et ses persos comme on n'en fait plus. Un renégat, borgne et pas content vénérant un dieu du chaos rayé depuis du fluff par GW : Kaled Daark, champion de Malal

mercredi 19 août 2015

Interview : Morbäck le Kouze, le hobby dans la peau. Rencontre avec un artiste de la figurine

Leur blog est un incontournable de la sphère hobbyiste française et même internationale : les célèbres Kouzes enflamment les rétines des internautes du monde entier depuis 2008 avec leurs conversions audacieuses, leurs peintures saisissantes et le plaisir communicatif qu'ils ont à dévoiler leurs petits secrets. Morbäck, kouze originel, artiste prolixe autant qu'inventif, original autant que talentueux et aussi humble que sympathique s'est prêté au jeu des questions-réponses pendant la trêve estivale.
L'artiste y confirme sa générosité (que nombre de concours ont déjà révélé), son dynamisme et répète que le travail, l'échange et l'opiniâtreté restent les meilleurs armes du hobbyiste motivé. Non content d'être un pur concentré d'idées aussi géniales que parfois simples, le Blog dé Kouzes demeure un ravissement pour les yeux autant qu'une salutaire dose hebdomadaire de bonne humeur et de conseils dispensés simplement par de vrais artistes du cutter et du pinceau. Emmenés par un Morbäck dynamique et aussi attachant que l'arthropode dont il a choisi le nom, les compères ont encore devant eux de beaux jours dans les méandres de l'interweb et sur les tables de jeux !

"Merveilleux fous volants du 41ème millénaire" by Morbäck. Le Scarabée Intrépide (au centre) est un vrai joyau en terme de conversion comme de peinture.

Où Morbäck 'King of The Kouzes' revient sur son passé, dévoile quelques secrets, annonce son intention d'explorer les univers fantastiques, relate ses sept ans de présence sur l'interweb et évoque sans ambages les raisons d'une passion non démentie depuis ses plus jeunes années.


lundi 20 juillet 2015

Tuomas Pirinen : Mordheim, 15 ans après (notes de conception) et interview

Tuomas Pirinen, tout bon hobbyiste le connaît, sans forcément le savoir. Créateur du célèbre Mordheim et auteur de la sixième édition des règles de Warhammer Fantasy Battle, l'homme a aussi marqué le jeu vidéo en travaillant notamment pour Ubisoft ou Electronic Arts. À l'occasion de l'ouverture récente de sa page facebook, il a publié plusieurs articles fort intéressants dont un relatif à la naissance du jeu d'escarmouche Mordheim peu avant l'an 2000 (ainsi qu'un regard très argumenté sur Age of Sigmar). Après un échange des plus sympathiques, il m'a permis de traduire ses mots la première partie de cet article) et de lui poser quelques petites questions (la seconde partie, étonnant, non ?). Une interview passionnante et éclairante sur ce qui fit l'un des plus passionnants jeux d'escarmouche fantastique. Qui plus est, Tuomas Pirinen y redit l'importance d'une bonne histoire dans les affrontements et évoque sans langue de bois ses choix, et les raisons qui les conditionnèrent. Plongée dans les pensées de l'homme qui inventa l'une des cités les plus marquantes du médiéval fantastique aux côtés d'Imrryr de Melniboné, d'Ankh'Morpork, de Minas Tirith, j'ai nommé Mordheim, la Cité des Damnés...

Mordheim, une ville, un jeu et des souvenirs par dizaines pour quiconque y a mis le pied

vendredi 10 juillet 2015

Interview : Rafael Navajas Monio de RN Estudio discute de l'actualité et les projets de son équipe


C'était l'époque où Jeux Descartes, alors traducteur et distributeur de la deuxième édition de Blood Bowl en France proposait un lot de trois jeux à des prix défiant toute concurrence. Les deux autres ont disparu dans les limbes de la ludothèque familiale, mais Blood Bowl devait rester l'un de mes plaisirs ludiques favoris. Jeu passionnant qui malgré son abandon par Games Workshop n'a jamais quitté le coeur de beaucoup de joueurs (il suffit de voir le nombre d'évènements encore organisés aujourd'hui autour du jeu en France et dans le monde), Blood Bowl reste également un terrain d'expression formidable pour nombre de producteurs de figurines qui se font un plaisir de sortir des sculptures magnifiques et actuelles pour la grande variété d'équipes imaginées par Games Workshop. Cap au sud donc pour cette nouvelle interview : puisqu'on s'intéresse cette fois aux camarades espagnols de RN Estudio. Après quelques mots relatifs à leur dernière campagne de financement, et puisqu'une nouvelle est en cours (pour financer 4 équipes cette fois), je me suis dit qu'il serait intéressant de tenter de découvrir un peu l'envers du décor et de faire plus amplement connaissance avec une équipe espagnole dont le travail se révèle aussi réussi que prometteur (allez donc voir en fin d'article, pour découvrir des photos des figurines). Très aimablement, Rafael Navajas Monito a accepté de répondre à mes questions : quand un Français et un Espagnol se parlent dans la langue de Shakespeare, voilà donc ce que ça donne.

Où l'on apprend le secret des Espagnols pour produire des belles figurines, les recettes d'une campagne de financement participatif réussie et où se révèle un projet jusque-là tenu secret.

4 teams de 16 joueurs actuellement en cours de financement sur Indiegogo : RN Estudio ne fait pas les choses à moitié